League of Legends

Djoko : le joueur qui méritait mieux

On oublie souvent à quel point l’esport est jeune. Et cette jeunesse se traduit souvent par un manque de structurations au niveau des organisations. La scène League Of Legends n’a pas échappée à ces tumultes pires encore, les récits sur les conditions de vie des joueurs, sur les manques de managements internes et les arnaques se sont multipliés au fil des années. Il faut bien comprendre que ce « jardin secret » de l’esport a un impact colossal sur les joueurs, sur leurs performances et sur leurs santés qui ne sont pas mis à disposition du grand public. Cela met fin à certaines carrières, en ampute d’autres et globalement certains joueurs seront à vie impactés par un trop jeune écosystème qui manque encore parfois de professionnalisme.

Charly « Djoko » Guillard lors de son passage chez Giants Gaming

Evidemment tout ne repose par sur l’organisation, l’attitude des joueurs, leurs abnégations, leurs capacités à coopérer et à apprendre de leurs erreurs sont autant de facteurs qui constituent un environnement personnel productif permettant l’éclosion des joueurs. Djoko est de ceux qui ont dû murir, d’abord réputé toxique, il a effectué les efforts personnels qui s’imposaient pour s’intégrer au mieux dans le moule compétitif. Malheureusement pour lui, Djoko n’a échappé à rien, arnaques de structures, problèmes de gestion des joueurs, mauvais rosters, le nîmois a vécu une carrière mouvementée qui n’a eu l’air de s’apaiser que lors de son passage chez LDLC. Il est de ceux dont l’arrogance nous plait et de ceux pour lesquels on a des regrets, portrait de Charly « Djoko » Guillard, un joueur qui aurait mérité mieux.

Roster Millenium.

Djoko apparait aux yeux du public avec le roster Imaginary Gaming. L’équipe fait une grosse impression sur la scène française en remportant la Lyon e-Sport 8 et la DreamHack Tours 2015, deux rendez-vous importants du circuit francophone. L’équipe est recrutée dans son intégralité par Millenium, une des grosses écuries françaises de ce temps. Djoko fera parti de l’organisation pendant près de deux ans tout comme deux de ses compères d’origine, Kaze et masterwork. Avec Millenium, Djoko domine la scène française, il remporte plusieurs lans et se qualifie à deux reprises pour les playoffs des Challenger Series. Malheureusement, l’équipe ne parviendra jamais à se qualifier pour les EU LCS mais elle reste tout de même une grosse équipe européenne, agissant pratiquement comme un baromètre de qualité entre les EU LCS et le reste de l’Europe.

En apparence, tout se passe bien donc. Les résultats sont satisfaisants et si l’équipe conserve 3 des 5 joueurs qui ont constitué son roster aussi longtemps c’est que l’atmosphère doit y être bonne et productive. Néanmoins, Djoko révèlera plus tard les dysfonctionnements de la structure, salaires non versés, joueurs sous payés et conditions de vie insalubre ce n’est alors que « la partie visible de l’iceberg » pour le jungler qui se réserve d’en dire plus et qui affirme avoir tourné la page. Un désaccord salarial met fin à l’entente entre les deux parties et Djoko, suivi de sa réputation de solide jungler rejoint Vitality qui, après une première saison en demi-teinte, cherche à reconstruire un roster solide autour de valeurs sûres. Atour de Cabochard et Nukeduck, le roster est complété par Steelback (alors ADC), GBM et Hachani (réputé comme l’un des meilleurs supports du monde après une incroyable saison chez KT Rolsters).

Djoko lors de son passage chez Vitality.

Sur le papier, l’équipe a beaucoup de potentiel mais cela n’a pas fonctionné. Le coach sud-coréen Irean et ses hommes finissent à une oubliable quatrième place sur cinq et évite de peu la relégation. Une année de rookie complexe pour Djoko sur la faille car irrespirable en dehors. Dans un article sur le site The Player’s Lobby, il fait le récit de son année chez Vitality, marquée par la nuisance causée par Hachani. Il y décrit une atmosphère terrible ayant empêché l’équipe de bien performer et l’ayant personnellement endommagée. Il quitte l’équipe et rejoint Giants Gaming, accompagné par Steelback avec qui il a développé une bonne synergie à la fois dans et hors du jeu. Le roster échoue à une victoire des playsoffs au Sprint Split puis s’écroule quelques peu au Summer Split en parti dû à un changement de support quelques peu incompréhensible entre les saisons. Néanmoins, Djoko est reconnu comme l’un des meilleurs éléments de l’équipe. Mais Giants Gaming quitte les LCS EU et Djoko doit rebondir ailleurs.

Roster LDLC pour la LFL 2019 : Steelback (tout à droite) au coté de son ami Djoko (au milieu)

Steelback (désormais support) et lui rejoignent LDLC, aux cotés d’Eika, Comp et HiRit, ils forment une équipe qui va écraser la LFL durant toute l’année 2019. LDLC remporte les deux splits et fait 2 quarts de finale des EUM. Il faut retenir de cette année l’incroyable synergie entre Steelback et Djoko. Le passage en support de Steelback et leurs affinités naturelles ont fait d’eux, une force imposante et redoutable. Après une année saine, marquée par de très bons résultats, il était alors légitime de spéculer sur un potentiel retour de Djoko en LEC. Pressenti chez Schalke 04, Gilius lui sera finalement préféré et Djoko rejoint MCES.

Ce transfert marque sa séparation de Steelback (recruté par Vitality Bee) et le début d’une nouvelle saison compliqué pour lui. Malgré un début prometteur à la Lyon e-Sport ou lui et ses coéquipiers finiront second, l’équipe ne prend pas ses marques et ne parviendra jamais à décoller en LFL.

Aujourd’hui, Djoko cherche un nouveau défi pour la saison prochaine duquel on ne sait rien pour le moment. Il jouit d’une bonne réputation en tant que joueur et a progressé personnellement au cours des années. Il n’apparait plus comme le joueur toxique qu’il a pu être à ses débuts, probablement le fruit d’une maturité qu’il a acquis lors de ces multiples mauvaises expériences. A ce stade, sa carrière ne ressemble pas à celle qu’il aurait mérité, il a certes fait partis de deux des rosters les plus dominants de l’histoire de la scène française mais les opportunités qui lui ont été donné à l’échelon européen n’aurait permis à aucun joueur de démontrer la plénitude de ses capacités. Il reste que Djoko est un bon jungler, excellent par moment et que son association avec Steelback a démontré que lorsque l’entente est bonne, il est capable de grandes choses. Djoko est un de ces joueurs dont la carrière a probablement été miné par des circonstances externes, s’il n’aurait sûrement pas pu devenir le meilleur, il aurait certainement pu s’installer durablement en LEC. Djoko est encore jeune mais l’afflux massif de rookies rend probablement son retour dans l’élite européenne complexe, ce serait pourtant tout le bien qu’on lui souhaite. Ou qu’il aille désormais, on lui souhaite bonne chance et on espère qu’il y trouvera l’épanouissement qui a dû lui manquer par moment durant sa carrière.

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